Mme Z., quartier Montcalm
De Espace Citoyen.
Mme Z est une infirmière à la retraite, qui vit depuis 50 ans dans le quartier Montcalm, à Québec.
Cette vieille dame affirme d’entrée de jeu être très privilégiée puisque sa fille habite le deuxième étage d’un triplex, alors qu'elle en habite le rez-de-chaussée. Sa famille est établie dans ce triplex depuis plus de 50 ans. Ses deux petits-fils viennent très souvent lui rendre visite puisque tout récemment les deux habitaient avec leur mère. La dame partage son appartement avec sa sœur, elle aussi très âgée. La dame affirme que le fait que sa fille habite juste en haut l’aide beaucoup dans toutes les choses qu’elle a à faire : autant entretenir le terrain qu’aller chez le médecin. Sinon, dit-elle, elle devrait habiter en maison d’hébergement. Dans le quartier, tout le monde la connaît et tout le monde la salue. Elle est veuve depuis 34 ans.
De façon générale, elle affirme recevoir et ressentir du respect de la part des gens autour d’elle, autant lorsqu’elle est chez elle que quand elle sort.
- Relation avec le médecin
Selon elle, c’est vraiment un problème et un aspect qu’il importe d’améliorer : « les médecins ne prennent pas le temps et ne pensent qu’à l’argent! ». Elle affirme qu’une consultation lui rapporte 150$, qu’elle dure cinq minutes ou 15 minutes. Aussi affirme-t-elle que les médecins passent en coup de vent, qu’ils ne prennent pas le temps d'écouter leurs patients, d’échanger avec eux et de comprendre leur malaise, ce qu’ils ont à dire, et enfin, qu’ils prescrivent beaucoup de médicaments. Dès qu’un nouveau médicament sort, elle dit qu’ils veulent lui en prescrire. Personnellement, la dame se sent très interpellée par cette question et refuse la prescription trop abondante de médicaments. Elle suit de très près ses ordonnances et prend la liberté et l’autonomie de réguler ce qu’elle consomme.
Elle reçoit son médecin à domicile et jusqu’à tout récemment, ce dernier se présentait chez elle sans aviser, si ce n’est que le jour même, parfois 10 minutes avant. Cela ne lui plaisant guère – car parfois elle est occupée à autre chose ou ne s’est pas préparée pour la consultation – elle a avisé son médecin qu’elle apprécierait que le rendez-vous soit désormais prévu à l’avance. Elle affirme qu’elle a décidé de faire valoir son point de vue, car elle ne se sentait pas respectée dans cette démarche. Cependant, elle affirme que son médecin n’a pas apprécié ce geste de sa part. Elle est même déjà intervenue au nom d’une amie pour défendre une question concernant la qualité des soins. À cause de son implication dans le suivi de son état de santé et de ses traitements et de son «caractère », elle dit que son médecin ne l’aime pas beaucoup et ce, parce qu’elle s’affirme. En fait, elle affirme qu’elle est même parfois brusque avec elle.
Une fois qu’elle ne se sentait pas bien, elle est partie voir un médecin dans un établissement. Après la consultation, l’infirmière lui a dit que le médecin lui retirait un médicament qu’elle prenait déjà. Ce que la dame n’a pas apprécié, c’est que le médecin ne prenne pas le temps de venir le lui dire lui-même et surtout, de lui expliquer pourquoi. Elle a donc insisté auprès de l’infirmière pour que le médecin vienne lui-même lui présenter la situation et lui expliquer pourquoi il lui retirait ce médicament. Elle affirme que c’est le médecin qui devrait dire ce genre de choses (comme une façon de poursuivre la consultation), pas l’infirmière. Enfin, selon ses dires, le médecin est à peine entré dans la pièce et n’a pas répondu à sa préoccupation. Selon la dame, les infirmières prennent généralement plus le temps auprès des patients.
Quand elle va à l’hôpital, elle affirme que généralement les médecins ne veulent pas prendre trop de temps avec les aînés…
Elle semble beaucoup lire, regarder et écouter des émissions qui traitent de sujets connexes à la santé. Elle dit qu’elle a entendu parler du fait que les médecins et les pharmaciens sont de connivence dans la prescription de médicaments.
