Cahier 10

De Espace Citoyen.

Sommaire

Introduction

Évaluation de la pertinence des thèmes couverts par la consultation.

Le thème de la consultation vous semble-t-il bien couvert par ces sous-thèmes ? Lesquels vous préoccupent le plus et vous semblent prioritaires ? Vie en résidence pour les personnes âgées qui n’ont presque plus d’autonomie physique, même si elles sont très lucides. Équité des services offerts à la population en général. Informations des services disponibles dans la région pour la population concernée.

Pourquoi participer? Vos attentes?

Je l’ignore. Il faut commencer par améliorer le milieu de vie des personnes âgées et remonter par la suite à un niveau supérieur lorsque nous avons cerné le mieux-être et la réalité du milieu. Comme je n’ai eu aucune préparation ou information pour cette consultation, je le fais par acquis de conscience pour le mieux être des personnes âgées.

Qui êtes-vous ?

Une usagère, une aidante, une citoyenne préoccupée, une représentante des résidents d’un CHSLD.

LES VALEURS

Voici quatre valeurs proposées pour réfléchir au sens, à la finalité et aux manières de faire propres aux services offerts aux personnes âgées et à leurs proches.

Améliorer le système de services de santé et de services sociaux

Est-ce important de prendre comme repères des valeurs communes, autres que l’efficacité et la performance ? Oui, mais il faut que les résultats concrets soient tangibles. L’autonomie et la dignité, le respect des droits, les liens sociaux et la responsabilité des intervenants et de l’État doivent contribuer à l’amélioration de la qualité de vie de l’ensemble des personnes âgées. Les employés qui apprécient les cours de respect et de dignité envers les personnes du 3e âge sont déjà convertis au bien-fondé et à l’importance de ces cours. Les codes d’éthique assurent le respect des droits, à la condition que le bénéficiaire puisse s’exprimer. La responsabilité incombe à toute la société. L’implantation d’une commission aux plaintes dans tous les CSSS demeure une amélioration tangible pour la protection des droits des personnes âgées. Le MSSS et les Agences doivent éviter de prendre les établissements pour des succursales, car c’est le milieu qui identifie les besoins à satisfaire.

Première valeur : autonomie et dignité

Préserver l’autonomie et la dignité comme fondements de la qualité de vie. Être âgé, ce n’est plus être autonome. Il faudrait allouer du temps aux préposés pour causer avec les personnes en perte d’autonomie mentale. On chronomètre toutes les étapes des soins physiques d’un client, lavage, changement de culotte d’incontinence, etc. Le système devrait allouer 15 minutes de discussion (minimum) avec une personne âgée (autonome ou non) pour maintenir ou sauvegarder les acquis.

Deuxième valeur : perte d'autonomie et droits

Conserver le respect de ses droits malgré la perte d’autonomie. Je crois que la liberté de religion et le respect de la vie privée sont devenus une priorité dans les résidences pour personnes âgées et dans le réseau de la santé. Des campagnes et des affiches sont disponibles pour les intervenants, par les organismes centraux. Pour les droits sociaux, il y a du progrès à accomplir. L’information sur les services disponibles et surtout sur les mesures d’aide financière et autres doivent être divulguée à toute la population et à ceux qui en ont besoin. Toutes ces mesures devraient être équitables pour l’ensemble du Québec. Certaines régions sont mieux nanties que d’autres. Pour le droit à la participation, il faut maximiser l’utilisation des capacités et aptitudes restantes de nos résidents (es) malgré un début de démence. Il faut les stimuler à participer à la vie communautaire tout en tenant compte de leurs forces physiques. Tant qu’aux services à mettre en place, ceci dépend des intérêts des personnes concernées et des disponibilités des milieux.

Troisième valeur : Le maintien des liens sociaux et intergénérationnels

Actuellement, il y a des efforts de faits. Les associations de bénévoles, les visites d’amitié et autres actions, les centres de jour, les cafés de l’amitié sont d’excellentes initiatives. Il faudrait impliquer davantage les groupes de jeunes. Les garderies et certaines classes visitent les résidences 1 ou 2 fois l’an. Il faudrait des activités ponctuelles dans le respect des uns et des autres. Chaque secteur doit faire la promotion de ses réussites et non seulement des cas d’agressions de toutes sortes envers le secteur de la population moins autonome. Certains groupes de citoyens réclament des sessions «de psycho-counseling » suite au deuil. Exemple : le suivi que la Maison Michel Sarazin offre aux familles en deuil. L’individualisme est difficile à combattre car il fait partie du comportement social d’aujourd’hui. Il faut amener la population à s’impliquer davantage et assurer une relève aux bénévoles d’aujourd’hui qui vieillissent à leur tour.

Quatrième valeur : La responsabilité de l’État

Il y a encore de gros efforts à faire pour assurer l’équité [des] soins de santé. Certains médecins de famille découragent leur clientèle pauvre d’aspirer à être traitée en CHSLD. Le niveau actuel d’assurance et de protection des citoyens n’est pas adéquat. Les classes pauvres de la société sont moins assurées en matière de santé et même pas du tout. Même le gouvernement du Québec approuve deux systèmes d’assurances santé pour ses employés, un pour les cadres et professionnels, qui continue après la prise de retraite, et un autre pour le personnel de bureau, qui cesse au moment de la prise de retraite. Est-ce que le système de santé est équitable par rapport à l’aide à domicile ? Cette dernière ne solutionne pas tous les problèmes. Quand la force physique disparaît, que l’on possède très peu d’avoirs financiers, comment peut-on payer le salaire d’une personne 30hrs/semaine à raison de 12 $ ou 15 $ de l’heure, soit un déboursé de 360 $ à 450 $ par semaine quand l’on reçoit seulement 450 $ ou moins par semaine de revenus de retraite pour assurer tous les frais inhérents à la vie quotidienne ?

Définir ce qu’est une «personne âgée»

Une personne âgée est celle qui a très peu d’autonomie. Dans la société active, 60 ans, c’est vieux. Les programmes de mise à la retraite de la dernière décennie le prouvent. Par la suite, nous sollicitons ces mêmes personnes pour travailler bénévolement. Il y a un non-sens dans notre société. Nous devons éviter l’effritement des valeurs sociales qui ont solidifié l’organisation sociale actuelle : ex. empathie, conscience professionnelle, dévouement.

Autonomie et activités

Maintenir une qualité de vie malgré une baisse d’autonomie et d’activité. Tant que la personne âgée a de l’énergie et une certaine mobilité, il faut maintenir les acquis. Quand la personne souffre de plus en plus de dégénérescence, c’est problématique. Avant longtemps, il ne faudra plus leur organiser des activités culturelles, mais prendre des équipes de bénévoles pour les faire manger. Je voyais hier une préposée faire dîner 7 personnes non-autonomes et séniles. Comment peut-elle y arriver ? Hier, les assiettes sont demeurées au 2/3 pleines.

Les services offerts

La santé mentale et physique

La prévention, le système de soins et la recherche Tout d’abord, la prévention, telle que définie ci-haut. 2e les soins : être vigilants pour si la personne moins autonome possède l’organisation requise pour combler ses besoins primaires. Je vois des personnes mourir à domicile dans des conditions lamentables. Elles ont la possibilité de se lever seulement 4 fois par jour, lors de la visite des intervenants et de la famille. Que font-elles le reste du temps ? Elles attendent que quelqu’un viennent pour boire ou aller à la salle de bain.

Le réseau social

Les proches, la vie associative et la participation sociale. Il faut éduquer les jeunes à l’école pour qu’ils développent ce souci communautaire. Actuellement, les adultes s’en soucient très peu car ils n’ont pas le «temps» de le faire, ni la conscience sociale assez développée. Moins nos gens sont autonomes, plus ils sont seuls ou parqués au CHSLD. La société et la famille oublient qu’ils ont été des gens créatifs et agréables.

Le logement et les services à domicile

Les milieux de vie naturels ou substituts (résidence, CHSLD, etc.) et les services de soutien à domicile. L’aide à domicile est inadéquate et même inexistante dans certains endroits du Québec. La situation financière et le manque d’information et d’organisation constituent les autres lacunes. Très souvent, nos personnes âgées se débrouillent comme elles le peuvent jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’hygiène élémentaire. Il faut développer une relation d’aide adéquate et proactive : donner les outils nécessaires pour être en mesure de combler les besoins élémentaires.

La vie en résidence ou en CHSLD

Les comités de résidents et la qualité des soins. Les soins médicaux et du CLSC sont accessibles dans la majorité des résidences privées. Un certificat de compétence et une inspection annuelle devrait être obligatoire pour obtenir le droit d’héberger des personnes moins autonomes. Une ou un infirmier (ère) auxiliaire devrait être obligatoire, 24 heures sur 24, pour les résidences de plus de 20 personnes hébergées. Actuellement, un (e) préposé (e) aux bénéficiaires s’occupe de 50 résidents et plus de 20 h pm à 6 h am. Avec quelques personnes en dégénérescence avancée, comment peut-il ou elle répondre et suffire aux demandes urgentes. Dans les CHSLD, qu’on arrête de couper les budgets de diminuer le nombre de préposés par 20 bénéficiaires et qu’on apprenne à rénover certaines constructions au lieu de toujours construire en neuf. Les milliards investis dans les constructions luxueuses parfois n’engendrent pas de soins compétents. Les comités de résidents ou des usagers sont utiles dans la bonne gestion des centres d’hébergement à la condition que leur budget d’exploitation ne se limite pas seulement à la production de «paperasse» et à l’assistance à des colloques. Les agences régionales dictent les dépenses permises et ne laissent plus de place pour l’amélioration de la qualité de vie dans les résidences : exemples : décorer une salle à manger, participer au financement d’une activité plus dispendieuse mais souhaitée par les résidents. Avant 2006, il était possible de le faire si le comité des résidents l’avait approuvé. Maintenant, toutes ces initiatives sont annulées. Les agences de santé croient que les comités de résidents sont des vulgaires associations illettrées et sans formation. Il faut seulement informer et former.

Les abus et les mauvais traitements

les définir, les repérer et y remédier. Une personne âgée ne doit pas être abusée, pas plus qu’un enfant. Si la société (parents ou intervenants) abuse des personnes âgées, nous devons les dénoncer par le processus de plaintes auprès du CSSS. Le commissaire aux plaintes trouve généralement une solution rapide ou assez rapide et transmet le dossier à une instance supérieure, s’il y a lieu de le faire. Dans un cas grave et urgent, nous pouvons faire appel aux services de police ou à un médecin. Dans certains milieux, sous prétexte de respecter l’autonomie de la personne âgée, les travailleurs sociaux refusent de se rendre à domicile si la personne elle-même ne lance pas un appel de détresse. C’est un problème parce que lorsque les personnes âgées commencent à souffrir de démence, elles vivent misérablement sous prétexte que nous respectons leurs droits et leur libre-arbitre. C’est déplorable et une source de multiples problèmes. Le cas le plus pathétique à date : une dame de 80 ans décédée et retrouvée 5 jours après le décès.

Les proches aidants

Qui sont-ils? Que font-ils? Comment les appuyer? Personnellement, j’ai pris ma retraite très tôt pour soigner mon père à la maison. Je n’avais pas droit à la déduction d’impôt pour personne seule car je vivais chez mon père et je n’avais pas droit au crédit d’impôt pour aidant naturel car mon père n’était pas venu vivre avec moi, à Montréal, mais avait préférer demeurer à la campagne, dans son milieu, Financièrement, j’étais pénalisée en partant. Une certaine rémunération serait encourageante car, selon l’état de santé de notre parent, nous travaillons parfois 16hrs par jour. Souvent, lorsque nous acceptons de soigner nos parents, les autres membres de la famille se fient sur nous et ne nous offre même pas une fin de semaine de congé par mois. Ils préfèrent venir prendre un repas à la maison avec leurs parents, oubliant qu’il faut le préparer ce repas. Lorsque nous avons le besoin de respirer, nous devons nous payer une gardienne, nous préférons demeurer à la maison. Le répit ou dépannage dans un centre de soins, presque inexistant dans mon milieu. Sur une période de deux ans, j’aurais pu obtenir trois jours après l’Action de grâce, après le 15 octobre. Cela ne valait pas la peine pour tout le tracas occasionné. Il aurait fallu au moins une semaine.

Le coût des services et la richesse collective

Réfléchir à l'équité dans la distribution des services offerts par l'État aux citoyens

Si tous les sous investis dans la santé étaient mieux utilisés, cela irait mieux dans le système de la santé. Combien dépense-t-on en paperasse, cadres de toutes sortes, projets ou études de recherche qui dorment sur des tablettes ? Cela n’apporte rien à l’amélioration de la productivité en soins et services aux personnes âgées. Après les coupures de l’an 2000, un CLSC a rétablit tous les postes de cadres qu’il avait dû couper avant de procéder à l’amélioration des services avec les crédits supplémentaires. Dans d’autres secteurs, il faut plus d’un an pour réparer l’ascenseur, faute de crédits nécessaires. Imaginez la frustration des résidents et des employés de cet établissement ! Toute la population doit travailler à améliorer la santé de la population, avec des ressources limitées. Il faut viser l’utilisation des ressources de façon efficace.

Commentaires généraux sur le thème de la consultation

La consultation est longue à répondre. Plusieurs résidents des comités de résidents sont incapables d’exprimer leur réalité de cette façon. Les questions soulevées sont propices à la réflexion et s’applique au milieu des personnes âgées ou moins autonomes. Il aurait fallu des sous-questions et un minimum de 15 jours à chaque personne pour répondre adéquatement. Personnellement, il me restait 5 jours ouvrables pour le faire à temps, donc mission impossible. Avant le questionnaire reçu par courrier, j’ignorais tout de la démarche et je fais partie d’un Comité de résidents et d’un Conseil d’administration d’un CSSS. Les journaux commencent à commenter les résultats avant que les personnes consultées aient eu le temps de répondre. Ils auraient dû annoncer la consultation en premier et être moins pressés de commenter les résultats. L’étude semble biaisée avant de partir.

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