Mme Parent

De Espace Citoyen.

Témoignage de Mme Édith C. Parent, infirmière à la retraite dont le mari vit dans un CHSLD, reçu en audience publique le 5 juin 2007


  • À propos du système de services :

Les CLSC pourraient faire beaucoup plus en étant plus développés. Il y a eu volonté politique en ce sens, mais rien ne s’est passé.

Il faut améliorer les moyens permettant que les personnes âgées restent chez elles puisque c’est ce qu’elles veulent et que ça coûterait moins cher à l’État. Par exemple, on pourrait donner des subventions pour aménager les maisons, notamment acheter des bains adaptés avec des petites portes, ce qui permettrait aux proche aidants d’aider eux-mêmes à donner des bains, au lieu d’avoir besoin de deux préposées. On devrait idéalement installer ce genre de bain ou même des douches dans les CHSLD et les résidences pour personnes âgées, ce qui serait, à long terme, plus économique et permettrait aux personnes de prendre des bains plus souvent avec leurs proches.

Les personnes âgées ne sont pas assez informées et ne veulent pas s’informer sur les CLSC, les centres d’accueil et les détails légaux.


  • À propos du passage de la maison à un centre d’hébergement:

Le besoin d’hébergement n’est pas nécessairement urgent, mais il le devient quand le risque de chutes s’accroît ou lorsque les proches aidants s’épuisent. Ces derniers, qui sont généralement des enfants adultes ayant un emploi, ont davantage besoin de répit que d’être rémunérés.

Il arrive que, pour ne pas être séparés, les couples dont l’un des membres est beaucoup moins autonome que l’autre demeurent dans leur logement à défaut de trouver une résidence adaptée aux deux niveaux d’autonomie. Dans ce cas, ils vont beaucoup dépendre des services à domicile. Les personnes qui ont les moyens de payer une résidence privée ou des services à domicile ne vont parfois pas faire de demande au CLSC.

Les délais peuvent être très longs pour l’évaluation des besoins de la personne en perte d’autonomie par le CLSC. Dans le cas de mon mari, ça a pris un an ! Cependant, les services offerts sont très bien.

Pour être admis en CHSLD, il faut passer par l’hôpital. C’est le médecin qui donne le feu vert. Le délai peut aussi être très long à cause de problèmes d’organisation. Mon mari est resté 7 mois dans une maison de transition en attendant une place permanente. Mais il y était très bien. Le passage de la maison à un centre d’accueil est souvent vécu comme une « petite mort » : les gens savent qu’ils y finiront leurs jours…

Il n’est pas évident que les personnes âgées de l’ancien temps vivaient mieux dans la maison de leur enfant lorsqu’elles n’étaient plus autonomes.


  • À propos de la vie dans les CHSLD:

La famille : En CHSLD et en résidence, quand les proches sont présents et rendent souvent visite à la personne hébergée, les employés sont plus motivés à offrir de bons services, car ils se sentent surveillés. Il est rare qu’il y ait un petit salon pour rencontrer la famille. Dans le cas du CHSLD où est mon mari, il faut choisir entre la chambre, la cafétéria et la cour arrière pendant l’été. Un petit salon par étage, ce serait bien, pour préserver les liens familiaux, l’intimité familiale, les relations avec les petits-enfants.

Les employés : Pourquoi choisit-on ce genre de travail auprès des personnes âgées ? Il faut avoir du plaisir à aider les gens mais aussi être un peu contrôlant, parce que ce type d’emploi suppose de dire aux personnes ce qui est le mieux pour elles. Je remarque aussi que, dans le secteur privé, il y a parfois un manque de personnel pour des raisons financières. Dans le secteur public, les syndicats revendiquent un nombre suffisant d’employés, ce qui fait que le service y est bon, mais ça coûte plus cher et il y a une liste d’attente… Il faut que la personne âgée fasse attention de ne pas trop porter plainte contre des employés parce que c’est mal vu et qu’il est difficile pour les patrons de trouver du personnel.

Les soins de santé : Faute de personnel qualifié sur place, les centres d’accueil privés ont tendance à envoyer leurs résidents à l’urgence dès qu’ils ont besoin de soins, ce qui engorge le système public. Maintenant, les médecins ont moins le réflexe de trop prescrire quand il y a un problème. La sensibilisation à la sur-médication semble avoir porté fruit.



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