Organisme communautaire - 2
De Espace Citoyen.
Rencontre avec des bénévoles, des usagers et une intervenante communautaire d'un organisme qui offre gratuitement des services d'accompagnement, de transport et de repas dans un secteur de la ville. Douze personnes ont participé - 14 juin 2007
- Une usagère reçoit tout ce qu’elle veut comme service (transport…) avec l’organisme. Elle reçoit la visite ou les téléphones de l’intervenante communautaire. Elle n’a pas encore besoin des services du CLSC et ne les connaît pas; elle dit qu’elle s’informera le temps voulu. Elle reçoit de l’entretien ménager 1 fois par 2 semaines d’un autre organisme.
- Un autre usager mentionne que les délais pour les services sont très longs. Il y a aussi des retards dans les rendez-vous. Il n’aime pas les systèmes téléphoniques parce qu’il doit écouter beaucoup de choses inutiles et attendre longtemps avant d’avoir l’information voulue. Il préférerait avoir directement la ligne et se faire dire qu’ils vont rappeler. Une fois que l’on est rendu dans le système, il n’y en a plus de problème. Il pense que les bénévoles le deviennent à cause de la souffrance.
- Une autre usagère a eu des services parfaits du CLSC des suites d’une opération. Par contre, elle a demandé à faire elle-même ses bandages parce qu’elle sentait son infirmière trop gauche. Elle trouve aussi que les gens en CLSC souffrent de réunionite chronique parce que dès qu’on les appelle, ils sont en réunion, ce qui retarde l’offre de service.
- Un bénévole mentionne qu’un de ses usagers est tombé et a préféré l’appeler lui que le CLSC. En effet, il mentionne qu’il devient très familier avec ses usagers, ce qui lui crée des responsabilités importantes (il craint le vol des clés et portefeuilles qu’il se voit confier). C’est ainsi qu’il se fait parfois demander par le CLSC de faire leur fonction (amener une personne à rentrer en résidence). En effet, il considère qu’on ne choisit pas de rentrer en résidence, ce sont nos aidants qui le font. Pourtant, il considère que, comme bénévole, il ne faut pas prendre la place des autres. Il rappelle aussi qu’on ne devient pas des enfants en vieillissant. Donc, les personnes âgées ne veulent pas se faire imposer des choses qui enlèvent de l’autonomie pour protéger la personne qui est déjà malade, comme le port de couche qui est presque devenu le premier réflexe en rentrant en résidence. Il trouve que cela ne peut que mettre la personne âgée en colère. En réaction à tout cela, il trouve que les CLSC offrent trop de professionnalisme / « technicalisme » et pas assez d’écoute et de compréhension, d’humanisme. Le professionnalisme ressort la personne un peu de la société alors qu’il ne le faudrait pas. En effet, il faut penser que, si c’est difficile pour la personne « en haut » de se faire entendre, c’est encore plus difficile pour la personne qui est « en bas ». Pour éviter cela, il faut que l’intervenant (professionnel ou bénévole) soit dans le temps présent et ne pense pas au futur. Au contraire, un problème marqué dans la société actuelle est de ne penser qu’à sa paye et à la fin de la journée.
- Commentaires en vrac faits par le bénévole
Il trouve aussi qu’il est plus facile pour une personne âgée de comprendre les jeunes, parce qu’elle est passée par là, que pour le jeune de comprendre la personne âgée.
Il fréquente ses usagers pour le bonheur qu’ils lui apportent.
Selon lui, il ne faut pas trop en demander aux familles, car il est parfois plus facile de montrer ses faiblesses à des étrangers qu’à la famille.
À l’hôpital, un jeune employé a commencé à engueuler un vieillard parce qu’il avait sacré alors qu’il aurait été beaucoup plus simple de lui expliquer ce qui l’avait amené à sacrer.
Pour lui, la plus belle maladie qui soit aujourd’hui est celle d’Alzheimer parce que tu n’es pas toujours conscient de tout ce qui se passe autour de toi.
Il explique que le centre de jour n’est pas bénéfique pour tous, en fonction de leur personnalité. De plus, il ne considère pas que le centre de jour offre à l’aidant nécessairement du repos, mais plutôt de la relaxation et du temps pour reprendre le retard (lavage, ménage…).
Il mentionne également qu’il y a un numéro Info-Santé pour les personnes qui sont prises en charge par le CLSC.
Il trouve que les services du CLSC sont maintenant comparés entre les personnes âgées qui s’évaluent ainsi et s’en vantent.
Il croit que la priorité dans le système de santé devrait être l’humanisation des soins.
Il pense que les gens des entreprises sociales n’ont pas de bonnes conditions de travail contrairement aux gens du réseau.
- Une ex-infirmière rappelle que, dans la relation aidant-aidé, il faut être au même niveau tant psychologique que physique et qu’il y ait une rencontre entre les deux sans que le leadership de l’un ne paraisse. Elle mentionne que les travailleuses sociales sont souvent perçues comme étant celles qui fouillent dans les affaires des gens et les infirmières comme étant celles qui vérifient si les pilules sont prises. Elle a aussi été aidante naturelle et raconte à quel point la maladie change la personnalité de l’aidé. Elle mentionne qu’une difficulté de faire un regroupement d’aidants naturels est qu’ils ne peuvent plus être auprès de leur aidé pendant la réunion. Elle mentionne aussi que la ligne de centralisation de l’information pour les personnes âgées existe déjà sous la forme du 211, notamment en collaboration avec le Centre d’Action Bénévole. Cependant, le service ne fonctionne pas actuellement, car il n’a pas eu ses subventions du gouvernement provincial. Finalement, elle mentionne avoir participé à une rencontre du CSSS pour le territoire Sillery-Sainte-Foy où elle a été découragée par le temps et les coûts nécessaires pour en venir à des conclusions évidentes pour quelqu’un de terrain (par exemple, diminuer le roulement de personnel).
- Une bénévole mentionne accompagner une usagère chez son médecin à leur demande parce que cela lui permet d’aller chercher ensuite les médicaments… Pour elle, le bénévolat, c’est sa vie.
- L’intervenante communautaire explique qu’il faut prendre le temps d’entrer en contact avec l’aidé. Elle se demande aussi pourquoi il n’y a pas des mesures pour aider les aidants naturels à concilier cela avec leurs activités. Elle mentionne aussi que son organisme a des assurances pour les transports faits par les bénévoles. L’organisme fait également venir des gens du CLSC à de nombreuses reprises pour transmettre l’information et il transfère aussi les appels au besoin. Elle rappelle aussi que l’organisme appelle le CLSC s’il a obtenu le consentement de l’usager à cette fin. Finalement, elle mentionne aussi que les personnes âgées ne sont pas familières avec les boîtes vocales.
- Une usagère mentionne qu’elle a commencé à faire affaire avec l’organisme pour le service de popote roulante. Pour le reste, elle reçoit l’aide de son mari qui est plus jeune qu’elle et ne fait donc pas affaire avec le CLSC. Cet aidant naturel a perdu le sommeil (malgré les somnifères) à cause de cette situation. En demandant conseil par téléphone, il a reçu, sans le demander ni même l’autoriser, la visite en quelques minutes d’une infirmière qui s’imposait à domicile. Après l’avoir foutue à la porte, il a été arrêté par la police et amené à l’unité psychiatrique de l’hôpital où il a été médicamenté (médication qu’il a abandonnée par la suite sans problème). Il déplore que le CLSC ait usé de moyens détournés pour le faire rentrer à l’hôpital alors qu’il l’aurait fait de lui-même si on le lui avait conseillé. Autrement, il ne connaît pas les services pour les proches aidants et ne veut plus rien savoir du CLSC à cause de cette mauvaise expérience.
- Une bénévole mentionne que les aidants naturels en ont énormément à assurer et ce n’est pas évident pour eux. L’aide n’est pas toujours appropriée (heure de coucher…).
- Globalement, les participants âgés n’aiment pas se faire dire « petite madame » ou « petit monsieur ».
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