Principaux messages reçus
De Espace Citoyen.
Voici un résumé des messages reçus pendant la consultation.
a) Les gens sont en général très satisfaits des services qu'ils ont reçus, qu'il s'agisse de l'hôpital ou du CLSC. C'est l'accessibilité à ces services qui semble moins satisfaisante, notamment le délai de réponse à la suite d'une demande. Le personnel est en grande majorité considéré comme dévoué, compétent et respectueux, mais insuffisant en nombre et semblant toujours à la course, ce qui nuit parfois à la qualité de la communication et aux relations interpersonnelles. Les centres de jour sont extrêmement appréciés. Le poste de "conseillère en milieu de vie" en CHSLD semble aussi être une innovation prometteuse pour la qualité de vie des résidents.
b) Un autre constat a émergé: le manque d'information sur les services offerts par les CSSS et les organismes communautaires. L'information est présente, puisque plusieurs l'ont "intégrée", mais elle n'atteint pas toujours sa cible, notamment dans les résidences privées. L'information est souvent transmise par la travailleuse sociale une fois que la personne est prise en charge; mais la travailleuse sociale n'a pas elle-même toutes les informations. Et que faire pour atteindre ceux qui ne sont pas pris en charge? Certains proches aidants ne connaissent pas les ressources de répit. Une solution a été proposée: créer une ligne téléphonique spécialisée pour les aînés, une sorte d'info-santé aînés comme il y a un info-santé périnatalité, qui offrirait aussi des informations de type "social" (services à domicile, services communautaires, hébergement). Un autocollant portant ce numéro pourrait être envoyé systématiquement à toutes les personnes âgées, avec la carte de la RAMQ par exemple. À ce sujet, on nous a parlé du projet d'une ligne info-aînés à Montréal et du projet du "811" à Québec.
c) Tout le monde, usagers et personnel, constate que les gens en CHSLD sont de plus en plus malades ou sans autonomie, en "fin de vie": le virage vers les soins palliatifs dans les CHSLD devrait-il être pris de manière plus décisive? Les soins palliatifs à domicile semblent aussi peu connus, même si la majorité des personnes souhaitent mourir chez elles; ils sont plus accessibles aux proches aidants qui ont une formation en santé.
d) Tout le monde est aussi conscient du problème des urgences. Un effet pervers est apparu très clairement: dans les résidences privées qui n'ont pas d'infirmière 24 h, les préposées envoient les résidents à l'urgence pour le moindre malaise. Pourquoi ne pas imaginer des infirmières "volantes" de garde entre plusieurs résidences pendant la nuit? Leur travail de "triage" pourrait se substituer à celui qui est fait à l'urgence même.
e) Plusieurs personnes, des résidents et des bénévoles, ont demandé que les résidences privées soient mieux encadrées et surveillées, tant au niveau du prix que des services offerts. Nous avons constaté une très grande variabilité des conditions de vie dans ces résidences. Celles de moins de 10 résidents ne sont absolument pas encadrées puisqu'elles n'ont pas besoin de permis. Une solution a été proposée en s'inspirant du modèle des CPE (Centres de la petite enfance) qui supervisent aussi les services de garde en milieu familial grâce à des conseillères pédagogiques: attribuer aux résidences privées des "conseillères en milieu de vie" qui les aideraient et vérifieraient la qualité des services selon certains critères.
f) Le système ne pourrait fonctionner sans le travail des bénévoles. Dans un CHSLD de 60 résidents, il y avait 65 bénévoles! Un des participants, âgé de 86 ans, fait lui-même du bénévolat dans le CHSLD où sa femme a vécu ses derniers jours. C'est un élément positif dans la mesure où les bénévoles retirent beaucoup de gratifications de ce travail et où cela favorise l'entraide et la solidarité, mais c'est aussi un élément négatif car ces bénévoles peuvent arrêter de travailler du jour au lendemain...
g) Nous avons entendu beaucoup de belles histoires de famille, dans lesquelles les enfants rivalisent de dévouement envers leurs parents âgés, mais aussi des histoires bien plus tristes d'enfants lointains, très occupés ou même qui exploitent financièrement leurs parents; de parents qui souhaitent vivre et mourir auprès de leurs enfants et d'autres qui ne veulent surtout pas être un fardeau ou demander de l'aide; de personnes très seules dont la seule sortie est au Centre de jour; de personnes qui ont très peur de finir leur vie dans un CHSLD et qui se "camouflent" alors que d'autres ont déjà choisi le CHSLD dans lequel elles souhaitent aller. Telle est la réalité "populationnelle" de Québec.
Lien vers la consultation publique du printemps 2007
